am59

Centre d'éducation à la Résistance et à la Citoyenneté

Aide mémoire 59

La médiathèque présente

Chavanne, Géraldine / Recloux, Michel
n°59, janvier-mars 2012

« Penser librement sous la censure », Cahiers internationaux de symbolisme, n°128-130, 2011, 18€
Actes du colloque « Censures et subversions » organisé au sein de l'Université de Mons pendant la Triennale Internationale de l'Affiche politique en décembre 2009. La résistance à un ordre autoritaire ne se déploie pas uniquement par les armes et au grand jour, elle est aussi de l’ordre de la fausse soumission de « ceux des travailleurs de l’ombre, ceux qui font semblant d’adhérer au régime en place mais qui, de manière souterraine, en sapent les fondements » (Anne Staquet, dans son introduction). Ces textes, réunis ici par Culture et Démocratie, Pierre Gillis et Anne Staquet, présentent différents exemples de cette insoumission : Hobbes, Descartes, philosophe, poète, artiste…

Nathalie Heinich, Sortir des camps, sortir du silence, Les impressions nouvelles, 2011, 19 €
À la suite du travail de Michael Pollack, l’auteur a collaboré à ses travaux, Nathalie Heinich analyse dans ce livre, recueil de sept textes dont deux inédits, les modalités de sortie du silence des survivants des camps de concentration et quelles en sont les répercussions. Le témoignage, l’histoire, la mémoire, la science, de l’indicible à l’imprescriptible ou comment faire la nique au nazisme qui voulait qu’il ne reste rien, même pas un souvenir des concentrationnaires.

Jean-Michel Beuriot et Philippe Richelle, Amours fragiles, T5 : Résistance, Casterman, 2010
Suite des aventures de Martin Mahner, officier de la Wehrmacht revenu d’Allemagne suite au décès de son père pour occuper son poste dans le sud-est de la France. Il est à la recherche de Katarina Braun, jeune juive allemande devenue Catherine (nouveau prénom, nouveaux papiers).
Celle-ci quitte le sud-est pour aller s’installer à Lyon et s’engage dans la Résistance.

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Il y a dictature et dictature...

Rouhart, Jean-Louis
n°59, janvier-mars 2012

L’association d’historiens allemands Lernen aus der Geschichte e.V. (« Apprendre de l’Histoire »), issue de l’Université Technique de Berlin, publie régulièrement sur son site bilingue allemand/anglais (http://lernen-aus-der-geschichte.de ; http://www.learning-from-history.de) des informations sur l’histoire et l’enseignement du national-socialisme, de la Shoah et des génocides en général. Sur ce site, on trouve ainsi des vidéos retransmettant des journées d’études, des conférences et des colloques consacrés à ces thèmes, des plateformes internationales de discussions, des articles en ligne (consacrés par exemple à laRemembrance Education in Belgium), des web-séminaires ainsi qu’un magazine en langue allemande également édité sous forme de newsletter.  

Le magazine du 9 novembre 2011 (10/11) réunissait une série de contributions se rapportant à la question du bien-fondé de la comparaison entre les deux dictatures qu’a connues la RFA sous le régime du national-socialisme et celui de la RDA  (Diktaturvergleiche im Geschichtslernen - Fragestellungen und Problematiken, « Comparaisons de dictatures lors de l’étude de l’Histoire - Questionnements et problématiques »). Il apparaît que des historiens allemands, issus principalement des milieux de droite, tendent à associer les camps de concentration nazis aux camps spéciaux soviétiques érigés à la fin de la guerre dans l’ancienne zone d’occupation soviétique (la future RDA) et à voir dans la Stasi (police de la RDA) une sorte de « Gestapo rouge ». 

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Formes des musiques dégénérées (Partie II)

Schraepen, Raphaël
n°59, janvier-mars 2012
 
am59 formes_musiques_degenerees_II« Presque tous (les anciens déportés) maintiennent que les chansons qui naissaient dans les camps étaient vulgaires (…) et ne pouvaient aucunement stimuler la force de l’âme ; quant à l’idée que ces chants (…) puissent être considérés comme des manifestations d’un mouvement de résistance, elle n’est apparue qu’après la guerre. »
Simon Laks  

La fin de la première partie de cet article nous menait à 1934 et à la mort prématurée du compositeur Franz Schreker. Il n’est pas possible dans le cadre de cet article de recenser les abjections du système hitlérien jusqu’à 1939. Un rappel, tout de même : l’exposition de « musique dégénérée » en 1938. Il est assez désolant que l’existence de cette « manifestation » soit si peu connue de nos jours, alors que la précédente, consacrée à la peinture, a suscité publications de maints livres d’art. Mais ce n’est peut-être pas surprenant dans la mesure où une génération entière de compositeurs a pratiquement été éradiquée, et dans de nombreux cas, ce n’est pas seulement une figure de style.

Les musiciens déjà connus ou reconnus ont pour la plupart d’entre eux émigré : Schoenberg, Stravinsky, pour ne citer que les plus influents, chacun dans un style différent. Quid des autres ? L’Allemand non juif mais opposant au nazisme Karl Amadeus Hartmann (1905-1963) vivra un exil intérieur. Il faut tordre le cou à une idée parfois trop répandue qui voudrait que l’exil intérieur constitue une forme de lâcheté. Pensez-vous que tous les opposants disposaient des moyens financiers ou des relations extérieures nécessaires pour émigrer ? Hartmann n’était pas riche. En 1934, il compose Miserae, en protestation contre le camp de Dachau, ouvert l’année précédente. Ensuite, il ne publie plus rien en Allemagne : il ne veut rien donner, ou vendre, au nazisme. En revanche, il enverra ses partitions par la poste dans des pays libres. Quelques fois, elles seront saisies avant la frontière. Ailleurs, il aura plus de chance. Par exemple, en 1939, c’est un bouleversant Concerto funèbre pour violon qui sera créé en Suisse et en Belgique !

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La confrontation de la mémoire publique et de la mémoire sociale dans le Chili post dictatorial II (Réalité brute)

Chamorro, Andrea / Donoso, Juan Pablo / Rahier, Gilles
n°59, janvier-mars 2012

(Suite de l’article « Mémoire brute » paru dans le numéro 58)

Témoignage et démocratie 

Avant de continuer, il est nécessaire de souligner que le travail réalisé par les commissions Rettig  et Valech  a une valeur fondamentale dans le processus de construction d’un récit historique critique sur la dictature militaire. Le contenu de chacun des rapports finaux a impliqué la reconnaissance publique des violations des droits de l’Homme perpétrées par des agents de l’État chilien ; violations qui avaient pour but de démanteler le mouvement populaire qui avait conduit au triomphe de l’Unidad Popular . Il ne faut pas oublier que, jusqu’à la mise en place de ces commissions, on considérait les cas publics de répression comme des luttes internes entre subversifs et « antisociaux » ou comme des événements isolés, sans relation entre eux. Ce discours niait systématiquement l’existence de personnes exécutées, disparues ou emprisonnées dans des centres de tortures et des camps de concentration. 

De cette manière, la politique de réconciliation et réparation aux victimes est entrée en conflit avec les exigences citoyennes de « Vérité et Justice », et ce malgré le fait que ces rapports constituaient une ouverture vers l’institutionnalisation démocratique visant à résoudre les conséquences sociales de la dictature. La reconnaissance de ces valeurs impliquait, en principe, l’exposition et le jugement public des responsables des violations des droits de l’Homme. Néanmoins, ce n’était visiblement pas le but recherché par les commissions. En d’autres termes, l’État post-dictatorial construisit un récit révélant publiquement les agissements de l’État chilien pendant la dictature, mais le déroulement des procès judiciaires contre les responsables des violations des droits de l’Homme fut rendu invisible. 

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Entretien : Langage et démocratie

Starquit, Olivier / Paulus, Julien
n°59, janvier-mars 2012
 
am59 Langage_democratieL’idéal démocratique prôné par les philosophes des Lumières visait à libérer l’individu des chaînes qui pouvaient entraver son libre-arbitre et l’empêcher d’agir et de réfléchir en citoyen autonome, critique et responsable. Mais que reste-t-il de ce projet philosophique dans nos démocraties contemporaines ? Dans son dernier ouvrage publié aux Territoires de la Mémoire, Olivier Starquit pose le constat inquiétant d’une dilution progressive des valeurs qui ont fondé nos sociétés démocratiques. Loin d’être le produit des circonstances, cette dilution s’inscrit, selon lui, dans une évolution de la pensée.

Langage et démocratie
Entretien avec Olivier Starquit
Maître en relations internationales et en politique européenne, coordinateur des 
Amis du Monde diplomatique de Liège

Julien Paulus : Votre livre s’intitule L’extinction des Lumières : vers une dilution de la démocratie ? Quel lien faites-vous entre des philosophes du XVIIIe siècle – les Lumières – et la démocratie contemporaine ?

Olivier Starquit : En fait, même s’il s’avère compliqué de définir exactement de quoi on parle quand on évoque les Lumières – sans oublier qu’elles s’accommodaient également aisément du maintien de l’esclavage –, je pars du modèle que représentent les Lumières et qui privilégie ce qu’on choisit et décide soi-même (un modèle où l’autonomie individuelle, citoyenne et collective a le dessus sur les déterminismes sociaux) ; un modèle où le citoyen est émancipé et critique ; un modèle où la raison a pris le dessus sur l’obscurantisme ; enfin, un modèle où une communauté de citoyens est liée par un contrat social et non par une autorité despotique.

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Comme une page qui se tourne!

Marchal, Philippe
n°59, janvier-mars 2012 

am59 comme_une_page_qui_se_tourneIl avait nonante ans et il nous a quittés le 27 octobre dernier. Un passeur s’est éteint et nous appréhendons déjà ce vide immense. Il y a des silences assourdissants et des absences irremplaçables. Il y a surtout des mots qui sont vains pour exprimer la profonde tristesse que nous ressentons. Au-delà de l’émotion, c’est une page qui est tournée et nul ne pourra plus jamais vibrer au témoignage de ce grand résistant. Bien sûr, nous savions que cette disparition était inéluctable mais, avec le temps et avec l’habitude, nous avions fini par penser que la vie serait plus forte. Tant de récits, tant d’anecdotes, tant de questions… pour exprimer la honte d’événements définitivement inacceptables... et avec quelle humilité ! Qu’allons-nous dire maintenant aux générations de demain ? Avec quelle légitimité allons-nous continuer à passer ce qui était sa raison d’être… lui, si viscéralement attaché à la démocratie et à notre liberté ? Et cette question cruciale : pourquoi continuer ? Pourquoi évoquer une histoire qui s’éloigne de plus en plus et que certains nient déjà ? Paul Brusson était un homme courageux, volontaire et opiniâtre à transmettre sans cesse un message qui sera toujours actuel : 

« Aux jeunes … Restez les sentinelles attentives de votre futur. Refusez les nationalismes ou toute idéologie éloignée de la solidarité et de la fraternité. »

Dès le début de la guerre, il s’est engagé très activement dans la Résistance au sein du mouvement « Solidarité » du Front de l’Indépendance, ce qui lui vaudra d’être arrêté par la Gestapo, le 28 avril 1942, à la veille de ses 21 ans et déporté pendant plusieurs années dans les camps de concentration de Mauthausen-Gusen (Autriche), Natzweiler-Struthof (France) et Dachau-Allach (Allemagne)… Mais heureusement, l’histoire continue :

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Les skinheads néonazis sont-ils de retour?

Abramowicz, Manuel
n°59, janvier-mars 2012
 
am59 skinheads_neonazis_retourDans les années quatre-vingt, une partie des « crânes rasés » a été recrutée par l’extrême droite. En trompe-l’œil, ils ont ensuite souvent caractérisé celle-ci. Récemment, une « division Wallonie » de Blood & Honour, organisation internationale de skinheads néonazis, a vu le jour dans la région de Charleroi. Son apparition prouve les liens maintenus de formations électoralistes nationalistes avec des jeunes radicaux toujours adeptes du nazisme et de sa violence endogène.  

Au début du mois de septembre dernier, RésistanceS.be  , le web-journal de l’Observatoire de l’extrême droite (www.resistances.be), révèle le lancement d’un nouveau groupe néonazi en Belgique. Il s’agit de la « division Wallonie » de Blood & Honour (B&H), une organisation internationale de skinheads néonazis (voir notre glossaire). Le nom de cette section régionale et l’emblème qu’elle a pris font directement références à la « Division Wallonie » de la Waffen SS, incarnée durant la Deuxième Guerre mondiale par Léon Degrelle.

La nouvelle « division » locale de B&H est sous la responsabilité d’un ouvrier de la région de Charleroi qui agit sous le pseudonyme de « Chris Demart ». Il est en contact avec la « division Vlaanderen » de la même organisation internationale, implantée en Flandre depuis les années nonante. Le lancement officiel de la « division Wallonie » est prévu, quelque part en Belgique, pour le 1er octobre, lors de l’ISD Memorial (voir notre glossaire), coorganisé avec les flamands de Blood and Honour.

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Vers un "encolèrement" salvateur?

Cornil, Jean
n°59, janvier-mars 2012

am59 encolerement_salvateur« Le rêve démocratique était d’élever le prolétaire à la hauteur de la bêtise du bourgeois.  Ce rêve est en partie réalisé. »
(Gustave Flaubert)

Nous pourrions imaginer, et peut-être avec quelque pertinence, que tout l’effort de l’homme est de s’arracher à la nature et à tous les déterminismes qui enserrent sa pensée et ses actes. S’émanciper du cadre de l’espèce et des fixations biologiques par les neurosciences voire le trans-humanisme. Conquérir des sphères d’autonomie par la connaissance de nos conditionnements socio-historiques, en maîtrisant la philosophie de Karl Marx et de Pierre Bourdieu, entre autres. Se construire soi-même par le dévoilement de son parcours et de son passé, notamment familial, grâce à la psychanalyse. Trois étapes, à jamais inabouties, qui symbolisent l’élan, volontaire et patient, pour quitter les terres de l’aliénation et des forces qui nous conduisent, à notre insu le plus souvent, pour tenter de gagner une lumineuse clairière où nous serions un peu moins étrangers à nous-mêmes. À chacun de cheminer. Comprendre, c’est commencer à désobéir.

En parabole, l’histoire, collectif des hommes, aurait-elle aussi son itinéraire, du matérialisme historique à la phénoménologie de l’esprit comme guides possibles du long voyage, partant des sombres temps de l’obscurantisme et du totalitarisme, de l’antiquité à sa plus atroce forme moderne, jusqu’à la démocratie la plus accomplie en ce nouveau début de millénaire. Tant et tant de siècles pour échapper au joug du transcendant et des despotes. Un idéal des Lumières pour progresser pas à pas vers un système représentatif qui corresponde aux aspirations de la diversité infinie  des citoyens.  Un exemple marquant s’incarne dans bien des pays d’Amérique latine, transportés en quelques décennies des plus atroces dictatures en véritable printemps des peuples andins. Et un seul regard sur la rive sud de la Méditerranée montre que les basculements imprévisibles constituent sans cesse des embranchements potentiels de notre destin commun pour la conquête de l’autonomie politique.

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Éditorial : Quand on associe et réduit systématiquement un individu à sa couleur de peau...

Jamin, Jérôme
n°59, janvier-mars 2012

am59Quand on associe et réduit systématiquement un individu à sa couleur de peau, sa religion ou son origine, apparaît le racisme ; et de la même manière lorsqu’on associe et limite par principe un individu à son sexe, apparaît le sexisme. Racisme et sexisme fonctionnent en miroir même s’il n’est pourtant pas rare d’entendre un individu raconter des blagues sexistes tout en se prétendant hostile au racisme. À bien y regarder, le fil conducteur entre les deux passe par le stéréotype qui a pour objectif de rassurer face à l’inconnu, le stéréotype permet à l’esprit anxieux de réduire un individu aux prétendues caractéristiques de son groupe, ou au contraire de réduire l’ensemble d’un groupe aux particularités d’un de ses membres. Dans le premier cas, on dira que « parce que les étrangers sont des profiteurs, notre voisin qui est un étranger est probablement un profiteur » (généralisation du groupe à l’individu, du tout à la partie) ; dans le deuxième cas, on dira que parce que « notre collègue de bureau est une femme et ne sait visiblement pas conduire, il faut en déduire que toutes les femmes ont un problème au volant de leur voiture » (généralisation de la partie au tout). 

Racisme et sexisme fonctionnent de la même manière et malgré ses drames et ses souffrances, l’année 2011 a permis de briser de nombreux stéréotypes ! 

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