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Centre d'éducation à la Résistance et à la Citoyenneté

Aide-mémoire 85

Clara Zetkin : Au club des femmes musulmanes, [1926], éditions LitPol

 

AM85 p.8 RydbergLe journaliste bruxellois Erik Rydberg inaugure les éditions LitPol par la réédition d’un petit texte d’une figure incontournable, quoiqu’oubliée, du mouvement de libération des femmes au XXe siècle : Clara Zetkin.

Dans une traduction revue, annotée et commentée par l’éditeur, Au club des femmes musulmanes nous laisse à voir le quotidien de femmes orientales dans la Géorgie soviétique de 1924, ainsi que leurs espoirs quant à une transformation émancipatrice de leurs conditions sociales. Zetkin explique : « Pour elles, c’est un tournant dans leur vie. C’est que les lois soviétiques ont aboli toute domination de l’homme sur la femme et n’accordent aucune prérogative à un sexe sur l’autre. […] Jusqu’à présent, cependant, les espoirs de la plupart des femmes musulmanes conscientisées se heurtent à des préjugés d’un autre temps. […] Les camarades de Tiflis [Tbilissi, Ndlr], hommes et femmes, en sont arrivés à la conviction qu’il fallait mettre en place une zone tampon faisant sas entre, d’un côté, la vie cloîtrée de famille et, de l’autre côté, les salles de réunion et de libération. […] Convaincus d’expérience que la reconstruction révolutionnaire de la Géorgie serait chose impossible sans le concours et plus encore sans la coopération massive des femmes musulmanes, ils ont, en organisant le club des femmes musulmanes, créé cet outil. »

 Au club des femmes musulmanes est un court texte qui apporte un éclairage historique particulier sur des questions toujours contemporaines, telles que l’émancipation, l’intégration et la rencontre des cultures.

À découvrir sur : http://www.erikrydberg.net/litpol

 

J.P.

La Bibliothèque George Orwell présente...

Par Justine Frigo, Arthur Tixhon, Jérôme Delnooz et Michel Recloux, bibliothécaires

 

LaTragedieBrune plat1Thomas Cadène et Christophe Gaultier, La Tragédie brune, Les Arènes, 2018, 20€tm coeur

Xavier de Hauteclocque est reporter français pour différents journaux dont Le Petit Rapporteur et Gringoire qui l’envoie en 1933 en Allemagne devenue nazie. Son récit publié en 1934 aux éditions de la Nouvelle Revue Critique est un témoignage extralucide sur le nazisme, il y annonce toutes les dérives du régime et il vaudra à l’auteur de se faire empoisonner par la Gestapo en février 1935 et de mourir quelques semaines plus tard en France. Les auteurs retracent ici de main de maître son voyage en 1933. La bande dessinée est suivie du premier chapitre du livre de Xavier de Hauteclocque.

Frontières ULiègeLiridon Lika, Audrey Weerts, Sophie Wintgens et Justine Contor (dir.), Frontières. Approche multidisciplinaire, Presses Universitaires de Liège, 2018, 25€

Les frontières vues ici d’un point de vue académique multidisciplinaire alliant science politique et sociologie. Huit contributions abordant des frontières en Europe, des frontières culturelles (le fail safe dans le cinéma américain, par exemple) et aussi des frontières ethniques (l’immigration, le peuple du Front national français, l’art et l’ethnicité …). Un livre s’essayant à franchir les frontières des disciplines universitaires.

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Élite (Mots)

Par Henri Deleersnijder

 

À propos de Mai 68, s'adressant aux étudiants contestataires, Eugène Ionesco déclara : « Demain, vous serez tous notaires. » Et, en ce qui regarde les mêmes événements, il avait ajouté : « Je me souviens de Mai 68 comme d'une pièce de boulevard. Mais avec des pavés qui volent ! »

Cette propension à ne voir dans la révolte étudiante et lycéenne qu'un psychodrame de « fils de bourgeois » – pour le Parti communiste français et la CGT – ou qu'une « illusion lyrique » – selon le mot de Raymond Aron – est loin d'avoir disparu, toutes proportions gardées. Aujourd'hui en effet, il n'est pas rare d'entendre des procureurs, et pas seulement dans la droite identitaire, instruire un procès rétrospectif en direction des jeunes révoltés de l'époque, Daniel Cohn-Bendit en tête. Animés d'une pitoyable incohérence politique, ils auraient tout au plus jeté leur gourme avant d'emboîter le pas, en bons héritiers, à leurs parents dotés d'une position sociale enviable. Et même, suprême infamie, contribué à mettre sur orbite le néolibéralisme...

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La vision complotiste de l'extrême droite

Une chronique de Julien Dohet

 

Coston Henri GeorgesLe complot judéo-maçonnique, agrémenté d’une forte dose d’anticommunisme, est un grand classique de l’extrême droite. Cette vision du monde complotiste peut prendre plusieurs formes différentes selon les pays et les époques tout en gardant la même trame générale.

 

Un parcours une nouvelle fois très « classique »

Henry Coston (20 décembre 1910 - 26 juillet 2001) est une figure importante de l'extrême droite française dont le parcours montre la continuité des années 30 à aujourd’hui[1]. Il commence très jeune à militer au sein de l’Action Française[2] mais prend ses distances dès 1930 pour fonder « Jeunesses anti-juives », dont le programme comportait l'exclusion des Juifs de la communauté française et la spoliation de leurs biens. Reprenant les thèses et l’héritage d’Édouard Drumont[3], il relance La Libre parole en 1936 et tentera, comme ce dernier l’avait fait, de se faire élire à Alger. À partir de ce moment, Coston est partie prenante d’une série de mouvements particulièrement radicaux comme le Parti National Populaire, où l’on retrouve notamment Ploncard D’Assac[4]. Après un bref passage au sein du parti franciste de Marcel Bucard, Coston rejoint dès 1934 les mouvements pro-nazis, ce qui lui vaut les attaques de la frange d’extrême droite germanophobe[5], telle l’Action Française. Avant la guerre il rejoint le PPF de Doriot[6]. Collaborationniste de la première heure, il s’implique principalement dans les officines de propagande antisémite et antimaçonnique où il publie notamment avec Georges Montandon[7]. La fin de la guerre le voit suivre les nazis dans leur retraite. Il est finalement arrêté en Autriche en 1946 et condamné en 1947 aux travaux forcés à perpétuité sur l’île de Ré avec de nombreux autres pétainistes. Il recouvre la liberté dès le début des années 50 et reprend ses activités d’écrivain au sein de diverses publications d’extrême droite[8] dont Jeune Nation, Défense de l’Occident, Présent… où il côtoie notamment Alain De Benoist[9]. Si lui-même se garde de franchir la ligne du négationnisme, il participe à la diffusion de celui-ci via sa maison d’édition La Librairie Française (qui sera reprise par Jean-Gilles Malliarakis, personnalité de la tendance solidariste de l’extrême droite[10]).

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Le Mot du Président

Par Jérôme Jamin

 

AM81 p.12 JérômeJaminPrésidentPour la première fois au Parlement de la Communauté française, des députés ont déposé une proposition de résolution visant à accroître la sensibilisation aux dangers des extrémismes et des populismes et plus particulièrement à ceux de l’extrême gauche[1]. Si on met de côté le caractère potentiellement électoraliste de cette proposition qui arrive juste avant plusieurs scrutins importants en 2018 et en 2019, le texte est fécond et il mobilise des questions auxquelles notre association a souvent été confrontée.

Qu’est-ce qui justifie une sensibilisation à certains crimes graves commis dans le passé et pas (ou peu) à d’autres crimes ? Il y a d’abord et surtout le lien géographique : les États sont amenés à s’intéresser prioritairement aux événements qui se sont passés sur leur propre territoire. Il y a ensuite, éventuellement, le lien au niveau de la responsabilité d’un État, par exemple lorsqu’un État par le passé a soutenu vigoureusement un autre État responsable de crimes graves. Et enfin, il y a le lien entre une partie de la population dans un État et des crimes graves commis à l’étranger.

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