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Centre d'éducation à la Résistance et à la Citoyenneté

Aide-mémoire 84

Remplacement (Mots)

Par Henri Deleersnijder

Oui, la chose est entendue. Inutile de se leurrer plus longtemps, n'en déplaise aux tenants inconditionnels du tout-économique : ce sont les idées qui mènent le monde. Antonio Gramsci l'avait compris avant quiconque quand il estimait que la bataille culturelle devait être implacablement menée avant d'espérer remporter la bataille politique, celle-ci devant inaugurer à ses yeux l'avènement d'une société anticapitaliste basée sur l'égalité et la justice.

Mais aujourd'hui que le rêve socialiste a pris du plomb dans l'aile et que la question identitaire s'invite de plus en plus dans les débats publics, il est une obsession que l'extrême droite s'applique patiemment à instiller dans la société, en particulier celle des populations hantées par l'angoisse de lendemains incertains, au point de l'utiliser comme cheval de Troie pour une phagocytose des esprits : c'est celle du grand remplacement.

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Un magicien dans les camps de concentration

Par Jean-Louis Rouhart

AM84 p.10 Rouhart BergmannVoici un roman à mettre dans toutes les mains, en particulier de ceux qui n’ont encore qu’une idée très vague de la Shoah.

En lisant le roman de l’auteur allemand Emanuel Bergmann, paru en 2017 en français aux Éditions Belfond sous le titre Max et la grande illusion, on est progressivement amené à prendre conscience des mesures qui ont frappé les citoyens de confession juive dans l’Allemagne nazie et on se retrouve plongé, à la fin de l’ouvrage, dans l’univers impitoyable des camps de concentration.

Deux intrigues, contées avec beaucoup de talent, finissent par se rejoindre. D’une part, le lecteur suit le parcours d’un magicien juif d’origine tchèque, fils d’un rabbin, Mosche Goldenhirsch, qui fait carrière, sous le nom de « Grand Zabbatini », dans le monde du cirque dans l’Allemagne des années 1930. Dénoncé comme juif par le magicien qui l’avait initié, Mosche est torturé par la Gestapo, puis envoyé au camp de Theresienstadt. Là, il parvient à survivre comme Shéhérazade, en montrant et en expliquant ses tours de magie au commandant du camp.

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De la porosité de la droite envers l’extrême droite

Une chronique de Julien Dohet

Yvan Bloten2012ccNovopressAu-delà du danger représenté par les partis d’extrême droite, il apparait que la lutte contre les idées d’extrême droite est encore plus importante. C’est l’objet depuis 2001 de cette chronique. Dans ce numéro nous allons analyser un livre qui illustre combien les idées d’extrême droite s’infiltrent dans celui d’une partie de la droite. Et qu’il s’agit d’une stratégie réfléchie et délibérée, pensée il y a une quarantaine d’années et dont les résultats se font très nettement sentir aujourd’hui.

Le club de l’Horloge au cœur d’un parcours très à droite

Le livre qui sera au centre de cette chronique est le premier ouvrage que signe seul Yvan Blot, né en 1948. Le quatrième de couverture nous apprend qu’il est alors, depuis 1980, au comité central du RPR et président du Club de l’Horloge. Ce club, il l’a cofondé en 1974 quand il quitte le GRECE[1] dont le paganisme[2] et la personnalité d’Alain de Benoist[3] lui déplaisent mais dont il avait été une importante cheville ouvrière depuis le début des années 70, notamment sous le pseudonyme de Michel Norey. Pendant trente ans, le Club de l’Horloge va jouer un rôle important de liaison entre la droite du RPR et le FN[4] et la galaxie identitaire. Le parcours personnel de son fondateur est ici très illustratif. Sorti de l’ENA, Blot fait une carrière de cadre politique au sein du RPR avant d’être élu à Calais au niveau local puis national. Au milieu des années 80, il participe à la rédaction de textes sur l’immigration dans une vision dure incarnée par Charles Pasqua. Échouant dans sa ligne d’alliance politique entre la droite et le FN, il rejoint ce dernier en 1989 et en devient, la même année, député européen. Début des années 90, il s’installe politiquement en Alsace. Il participe brièvement à la dissidence mégrétiste du MNR (Mouvement national républicain) avant de faire, au début des années 2000, un retour à droite au sein de l’UMP où il reste une dizaine d’années. Depuis 2011, Yvan Blot est revenu ouvertement dans le champ de l’extrême droite en rejoignant le parti souverainiste Rassemblement pour l'indépendance et la souveraineté de la France (RIF) tout en participant à des structures pro-russes et à des médias d’extrême droite.

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Le Mot du Président

Par Jérôme Jamin

AM81 p.12 JérômeJaminPrésidentLes partis politiques sont très souvent généralistes, contrairement aux associations qui ont un objet social ciblé. Si les premiers ont intérêt à s’occuper de tous les aspects de la vie quotidienne, les secondes sont plutôt amenées à ne pas « ratisser trop large ». On reprochera à un parti politique de ne s’occuper que des aveugles ou de la maltraitance des animaux, on ne reprochera pas à une association de lutter uniquement contre le racisme ou contre le sexisme. Les partis politiques sont généralistes et ont intérêt à aller dans ce sens dans la mesure où ils participent à la compétition électorale pour gérer la « Cité », et en la matière, il faut avoir une idée et des solutions à peu près sur tout (emploi, pension, environnement, urbanisme, santé, culture, relations internationales, etc.). Un parti politique qui ne se préoccupe que des pensions ou que des forêts à peu de chance de gagner des élections. Une association, au contraire, a plutôt intérêt à avoir un objet ciblé pour une raison évidente : c’est un moyen pour développer une expertise, et donc pouvoir influencer les partis politiques dans son domaine de compétence.

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